5- Desservir finement Colomiers et adopter une stratégie pour le Sud-est basée sur Malepère, Montaudran et Labège

Pour une troisième ligne métro-politaine.

Au Sud-est comme à l’Ouest, la localisation des terminus de la future troisième ligne de métro pose problème et fait l’objet de tractations politiques depuis de longs mois.

À l’Ouest d’abord, Tisséo-SMTC proposait initialement un terminus à l’entrée de Colomiers, près des sites Airbus, pour TAE. Il a finalement été décidé de prolonger ce tracé de référence jusqu’à la gare de Colomiers sous réserve de financement. Nous estimons que si cette extension vers Colomiers, deuxième ville de Haute-Garonne avec presque 40 000 habitants en 2013, est une avancée, la non-desserte du centre de Colomiers serait une occasion manquée. Dans le cas d’un rabattement vers la gare des Ramassiers, cela laisserait néanmoins la possibilité de maintenir une offre Linéo entre Colomiers et Plaisance en bénéficiant des infrastructures existantes aménagées à cet effet (VMR).

En effet, après l’Espeissière – Saint-Martin-du-Touch – La Crabe (pôle aéronautique) depuis le centre commercial de Purpan Haut (station importante en complément de Purpan Bas T1-T2), il serait utile de desservir le centre de Colomiers pour pallier au fait que la gare, au Sud, se situe à plus de 1km de l’Hôtel de ville (quartier central). De plus, la N124, voie rapide à caractère autoroutier, coupe de part en part Colomiers et enclave en quelque sorte le secteur de la gare. Nous proposons que la ligne suive en fait la trajectoire des flux en se dirigeant vers la gare depuis le giratoire de la Bascule Oratoire via l’allée de Naurouze (voire le boulevard Marcel Dassault en viaduc ou tranchée couverte), le rond-point du Petit-Prince (voire la place de l’Hôtel de de ville, au cœur d’un quartier piétonnisé de type dalle) puis la RD63. Il s’agirait alors de soutenir le trafic potentiel de ce terminus Ouest, qui sans arrêt intermédiaire entre Airbus et la gare, serait insuffisant pour une ligne de métro automatique. Nous défendons l’implantation de deux stations supplémentaires dans Colomiers : à l’entrée du quartier de la Bascule Oratoire (allée de Naurouze par exemple) et à proximité de l’Hôtel de Ville (boulevard Eugène Montel). En réduisant l’interstation de 1,3km à 800m, la troisième ligne de métro serait alors plus encline à capter de nouveaux utilisateurs. À long-terme, un tel scénario est compatible avec un ultime prolongement de la ligne par delà la voie ferrée, vers Tournefeuille ou En Jacca.

Au Sud-est, et sans retracer les soubresauts du projet de prolongement de la ligne B, devenu en dix ans l’arlésienne des transports publics toulousains, nous défendons une stratégie axée sur deux centralités à développer : Malepère et Montaudran Aerospace Campus. Cette stratégie se base sur les projets de développement importants du quartier Malepère (projet de ZAC avec 8 000 logements d’ici 2030 et 3 500 emplois), zone au foncier disponible, et de Montaudran (futur quartier économique au Sud de l’ancienne piste de Montaudran). Comme évoqué précédemment, nous proposons qu’un prolongement phasé en deux branches de la ligne B soit envisagé : d’une part vers Montaudran et d’autre part vers Labège si le besoin est avéré après mise en service de TAE. Malepère, situé à l’intersection avec la route de Revel (saturée à l’heure actuelle), offre toutes les potentialités pour devenir l’équivalent au Sud-est d’un pôle d’échanges majeur comme Arènes au Sud-ouest. Desservi par une voie de bus en site propre (LMSE mise en service en 2013), à quelques centaines de mètres de la voie ferrée (proposition de nouvelle halte à Astrium), terminus Sud de la voie en site propre de la vallée de l’Hers (depuis Balma), Malepère pourrait également recevoir un TCSP de type tramway en provenance du Pont-des-Demoiselles vers Saint-Orens-de-Gameville. Métro, TER, tramway, bus, réseau cyclable (déjà développé le long de l’Hers) et réseau viaire (route de Revel, Jonction Est, périphérique) sont autant d’infrastructures à même de répondre à une demande de mobilité qui s’accroîtra considérablement dans les années à venir dans ce quartier en pleine mutation. De même, alors que cela n’a jamais été à l’ordre du jour dans les discussions publiques sur la localisation du terminus Sud-est de TAE, le foncier à l’entrée de Saint-Orens (derrière le centre-commercial) est disponible pour aménager le garage-atelier de la ligne (site de maintenance et de remisage), qui nécessite environ 10 hectares. Ce foncier n’est a contrario pas mobilisable ni à la gare de Colomiers, ni à Labège.

ZAC Montaudran Aerospace TAE
La ZAC Montaudran Aerospace prévoit la construction d’un immeuble de grande hauteur d’environ 100m de haut à l’intersection avec la Liaison Multi-Modale Sud-Est (LMSE). Au signal urbain fort en surface, nous proposons une réponse aussi ambitieuse en souterrain, avec un pôle d’échanges TAE-Ligne B, plus adapté qu’à INPT 800m plus loin.

Cette centralité de Malepère, véritable cœur de la stratégie de transports pour le Sud-est (localisation à cheval entre Toulouse, Balma, Ramonville, Labège et Saint-Orens), serait à compléter selon notre proposition par un pôle d’échanges à hauteur de Montaudran Sud (Aerospace Campus), à l’intersection avec la LMSE. La ligne B pourrait alors y être prolongée facilement le long du CNES et de l’A623, dans un site à vocation métropolitaine qui apparaît bien plus adapté que l’INPT (et évite les surcoûts de franchissement de l’échangeur du Palays : le foncier est disponible pour une insertion peu coûteuse en surface et sans viaduc courant). Avec TAE jusqu’à Malepère et les aménagements évoqués sur la ligne ferroviaire vers Labège La Cadène, la desserte de l’Innopôle serait pleinement satisfaite avec ce schéma. Schéma qui à moyen et long-terme pourrait éventuellement être complété par une branche de la ligne B supplémentaire depuis Ramonville vers l’Innopôle, soit environ 230M€ pour un peu moins de 3,5km dont 650m communs à la branche de Montaudran. Vers Labège, l’itinéraire reprendrait le tracé du prolongement initial de la ligne B envisagé jusqu’à 2015.

Créer d’une part des nouvelles centralités au Sud-est en desservant Malepère, Saint-Orens et Montaudran, mais aussi desservir d’autre part plus finement le centre de Colomiers à l’Ouest, sont deux propositions de nature à renforcer le caractère métropolitain de Toulouse Aerospace Express. Elles répondent aux enjeux de mobilité d’aujourd’hui et de demain, s’articulent avec les projets urbains majeurs de l’agglomération et complètent le réseau de transports existant (TER, bus en site propre).