6- Structurer l’agglomération avec le métro tout en maillant avec le tramway

Un réseau structurant métro, complété et maillé par des extensions tramway vers la périphérie.

Tous les modes de transports doivent être développés en bonne complémentarité dans une agglomération de l’envergure et avec les caractéristiques de Toulouse (centre-ville aux rues étroites, coupures urbaines, relief, trame viaire de type lotissements). Aussi, il ne nous semble pas opportun d’abandonner le tramway depuis 2014 tout comme il ne nous semblait pas opportun d’abandonner le métro en 2008.

Si la révision du PDU prévoit à juste titre un effort significatif vers le bus ou le téléphérique urbain, aucun projet de développement du tramway n’est à l’étude (hors extension de 800m du T1 au Nord dans le cadre du projet de nouveau Parc des Expositions à Beauzelle), alors même que les lignes T1-T2 s’arrêtent depuis fin 2013 sur un terminus qui devait rester provisoire (Palais-de-Justice).

Les projets de développement du tramway doivent pourtant être étudiés et anticipés dès aujourd’hui pour que la troisième ligne de métro s’articule au mieux avec eux dans le futur. En l’occurrence, le tracé de TAE proposé par Tisséo concurrence et s’avère assez peu compatible avec les fuseaux de développement du réseau TCSP de surface (François Verdier).

Extensions Tramway Toulouse TAE
Les développements TCSP lourd que nous proposons d’ici 2025-2027 : 2 360M€ métro et 340M€ tramway.

Nous partons du postulat suivant : le métro doit desservir les axes structurants et les zones non accessibles aux TCSP de surface (relief, tissu viaire, obstacles) tandis que le tramway doit compléter le squelette du réseau lourd sur les pénétrantes routières à fort trafic de transit (Faubourg Bonnefoy, route d’Albi, route de Revel, route d’Espagne).

Ainsi, nous proposons que le projet de troisième ligne de métro intègre la perspective d’une desserte tramway du secteur du Pont-des-Demoiselles, de l’avenue Saint-Exupéry, de Malepère, du Faubourg Bonnefoy et de la Route d’Albi, de l’Avenue de Muret et de la Route d’Espagne. À horizon 2025-2030, les lignes T1-T2 pourraient ainsi être prolongée des allées Jules Guesde (Palais-de-Justice) d’une part vers Matabiau par la rue Ozenne, les Carmes, la rue de Metz réaménagée, François Verdier, Saint-Aubin, Matabiau TESO (ligne T2) et ultérieurement vers le Faubourg Bonnefoy, la route d’Albi, Atlanta, L’Union et Saint-Jean ; d’autre part vers le Grand Rond, l’allée des Demoiselles, le Pont-des-Demoiselles, l’avenue Saint-Exupéry, la Route de Revel (correspondance avec TAE place de l’Ormeau), Malepère et Saint-Orens ou Labège (ligne T1 ou T3). Au Sud, une branche de la ligne T1 (T4 ?) vers l’Oncopôle depuis l’avenue de Muret pourrait également être étudiée ; enfin à l’Ouest et toujours à plus long terme, lorsque la ligne bus Linéo 3 Toulouse – Lardenne – Tournefeuille – Plaisance sera saturée, une ligne T5.

Avec ce schéma, métro et tramway seraient enfin parfaitement complémentaires dans l’agglomération toulousaine : les axes structurants et les secteurs difficilement accessibles en surface pour le métro ; les axes pénétrants secondaires en rabattement et diffusion vers la périphérie en tramway. Nous estimons qu’il s’agit là du schéma le plus vertueux à long-terme, avec le potentiel de rééquilibrage modal le plus fort (du fait de la suppression des pénétrantes routières de transit, compensée par une accessibilité à moins de 10-15min du métro dans la plupart des communes voisines de Toulouse grâce au tramway).

Cette stratégie est bien entendu à mener en complément d’une réflexion sur la mise en place d’un « RER toulousain » sur l’étoile ferroviaire (traitement des nœuds et modernisation progressive des infrastructures et des gares). Elle est en outre pleinement compatible avec le développement du téléphérique urbain sur la « Ceinture Sud », tel que proposé dans la révision du PDU.